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En effet, votre attention dirigée alors sur les autres points de votre organe, où se trouvent tracées les idées qui vous occupent, et où, peut-être, vous en tracez encore de nouvelles et de complexes par vos réflexions, met ces autres points dans l’état de tension, ou de préparation, nécessaire pour que vos pensées puissent s’y opérer.

Ainsi, dans cette circonstance, quoique vous ayez l’œil ouvert, et qu’il reçoive l’impression des objets extérieurs qui l’affectent, vous ne vous en formez aucune idée, parce que les sensations qui en proviennent ne peuvent parvenir jusqu’à votre organe d’intelligence qui n’est pas préparé à les recevoir. De même vous n’entendez point, ou plutôt vous ne distinguez point alors les bruits qui frappent votre oreille.

Enfin, si l’on vous parle, quoique distinctement et à haute voix, dans un moment où votre pensée est fortement occupée de quelque objet particulier, vous entendez tout, et cependant vous ne saisissez rien, et vous ignorez entièrement ce que l’on vous a dit ; parce que votre organe n’étoit pas préparé par l'attention à recevoir les idées que l’on vous communiquoit.

Combien de fois ne vous êtes-vous pas surpris à lire une page entière d’un ouvrage, pensant à quelque objet étranger à ce que vous lisiez, et