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elles se sont formées ; puisqu’ils ont évidemment de la mémoire, et que, dans leur sommeil, on les voit souvent rêver, c’est-à-dire, éprouver des retours involontaires de ces idées.

Relativement aux signes si nécessaires pour la communication des idées, et qui servent singulièrement à en étendre le nombre, je me trouve forcé de me borner à une simple explication concernant le double service qu’ils nous rendent.

CONDILLAC, dit M. Richerand, s’est acquis une gloire immortelle, en découvrant le premier, et en prouvant sans réplique, que les signes sont aussi nécessaires à la formation qu’à l’expression des idées.

Je suis fâché que les bornes de cet ouvrage ne me permettent pas d’entrer ici dans les détails suffisans pour montrer qu’il y a une erreur évidente dans l’expression employée, laquelle fait entendre que le signe est nécessaire à la formation directe de l’idée, ce qui ne peut avoir le moindre fondement.

Je ne suis pas moins admirateur que M. Richerand, du génie, des pensées profondes, et des découvertes de Condillac ; mais je suis très-persuadé que les signes, dont on ne peut se passer pour la communication des idées, ne sont nécessaires à la formation de la plupart de celles que nous parvenons à acquérir, que parce qu’ils