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Je nomme sentiment moral, ce que nous ressentons lorsqu’une idée, ou une pensée, ou, enfin, un acte quelconque de notre entendement est rapporté à notre sentiment intérieur, et que par là nous en avons la conscience.

Je nomme sentiment physique, ce que nous éprouvons lorsque, par suite d’une impression faite sur tel de nos sens, nous ressentons une sensation quelconque, et que nous la remarquons.

D’après ces définitions simples et claires, on doit voir que les deux objets dont il s’agit, sont très-différens l’un de l’autre, tant par la nature de leur source, que par celle des effets qu’ils produisent en nous.

C’est cependant pour les avoir confondus, comme l’avoit déjà fait Condillac, que M. de Tracy a dit :

Penser n’est que sentir, et sentir est, pour nous, la même chose qu’exister ; car les sensations nous avertissent de notre existence. Les idées ou perceptions sont des sensations proprement dites, ou des souvenirs, ou des rapports que nous apercevons, ou bien, enfin, le désir que nous éprouvons à l’occasion de ces rapports : la faculté de penser se subdivise donc en sensibilité proprement dite, en mémoire, en jugement et en volonté.

On voit qu’il y a dans tout ceci une confusion évidente des sensations proprement dites, avec