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que certaines facultés, qui auroient acquis un degré extraordinaire d’éminence, peuvent offrir des signes extérieurs non équivoques, propres à les indiquer. Alors je ne serois nullement surpris qu’on eût découvert quelques-uns de ces signes, leur cause se trouvant réellement dans la nature. Mais, à l’égard de nos facultés intellectuelles, sortir des genres qui sont bien distincts, pour entrer dans une multitude de détails, pour embrasser les nuances mêmes qui lient ces facultés à leur genre propre, c’est, selon moi, anéantir, par un abus trop ordinaire de l’imagination, la valeur de nos découvertes dans l’étude de la nature. Aussi, M. Gall ayant voulu trop prouver, le public, par une inconsidération contraire, a tout rejeté. Telle est la marche la plus ordinaire de l’esprit humain dans ses différens actes ; des excès, des abus gâtent le plus souvent ce qu’il a su produire de bon. Les exceptions, à cet égard, ne sont l’apanage que d’un petit nombre de personnes qui, à l’aide d’une forte raison, savent limiter l’imagination qui tend à les entraîner.

Considérer comme innés, dans les individus de l’espèce humaine, certains penchans devenus tout-à-fait dominans, ce n’est pas seulement une opinion dangereuse, c’est, en outre, une véritable erreur. On peut, sans doute, apporter en naissant des dispositions particulières pour des