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veaux individus par la génération ; on sentira que l’enfant qui vient de naître, peut, peu de temps après, vouloir téter, par le seul produit de l’instinct, et prendre le sein qu’on lui présente, sans en avoir la moindre idée, et sans exécuter pour cela aucune pensée, aucun jugement, ni aucun acte de volonté qui n’en peut être que la suite ; et que cet enfant ne fait cette action qu’uniquement par la légère émotion que le besoin donne à son sentiment intérieur, lequel le fait agir dans le sens d’un penchant tout acquis, quoiqu’il n’ait pas encore été exercé ; on sentira de même, que le petit canard qui sort de son œuf, s’il se trouve alors près de l’eau, y court aussitôt et nage à sa surface, sans en avoir aucune idée, et sans la connoître ; cet animal n’exécutant point cette action par aucune délibération intellectuelle, mais par un penchant qui lui a été transmis, et que son sentiment intérieur lui fait exercer, sans que son intelligence y ait la plus petite part.

Je reconnois donc comme un principe fondamental, comme une vérité incontestable, qu’il n’y a point d’idées innées, et que toute idée quelconque provient, soit directement, soit indirectement, de sensations éprouvées et remarquées.

Il résulte de cette considération, que l’organe de l’intelligence, étant le dernier perfectionnement que la nature ait donné aux animaux, ne