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sations nous fournissent, et que les comparaisons que nous en formons avec les autres corps qui nous sont connus. Enfin, pour les jugemens dont il s’agit, notre entendement n’a que très-peu d’opérations à exécuter.

Il résulte de l’énorme multitude de causes diverses, qui changent ou modifient les élémens que nous faisons entrer dans la formation de nos jugemens, surtout de ceux qui exigent différentes opérations de l’intelligence, que, le plus souvent, ces jugemens sont erronés, manquent de justesse, et que, par une suite de l’inégalité qui se trouve entre les facultés intellectuelles des individus, ces mêmes jugemens sont, en général, aussi variés que les personnes qui les forment, les élémens que chacun y apporte n’étant pas les mêmes. Il en résulte, en outre, que les désordres de ces actes d’intelligence en entraînent nécessairement dans ceux qui constituent nos volontés, et par suite, dans nos actions.

Si l’objet que j’ai en vue dans cet ouvrage ne me retenoit dans des bornes que je ne veux pas franchir, je pourrois faire des applications nombreuses qui établiroient encore mieux le fondement de ces considérations ; j’aurois même à ces égards des remarques à faire qui ne seroient pas sans intérêt.