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nos lumières, etc., que ces élémens rendent le jugement que l’on porte sur un même sujet, fort différent, selon les individus. Nos jugemens dépendant de tant de particularités inappréciables et très-difficiles à reconnoître, ont fait croire que nous étions libres dans nos déterminations, quoique nous ne le soyons réellement pas, puisque les jugemens qui les produisent ne le sont pas eux-mêmes.

La diversité de nos jugemens est si remarquable, qu’il arrive souvent qu’un objet considéré donne lieu à autant de jugemens particuliers qu’il y a de personnes qui entreprennent de prononcer à son égard. On a pris cette variation pour une liberté dans la détermination, et l’on s’est trompé ; elle n’est que le résultat des élémens divers qui, pour chaque personne, entrent dans le jugement exécuté.

Il y a cependant des objets si simples dans leurs qualités, et qui présentent si peu de faces différentes à considérer, qu’on est à peu près généralement d’accord sur le jugement qu’on en porte. Mais, ces objets se réduisent presque uniquement à ceux qui sont hors de nous, et qui ne nous sont connus que par les sensations qu’ils excitent ou qu’ils ont excitées sur nos sens. Nos jugemens, à leur égard, n’ont guère d’autres élémens à employer que ceux que les sen-