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à son égard, de celles que nous venons d’examiner dans les animaux ; car, quoiqu’il paroisse beaucoup plus libre qu’eux dans ses actes de volonté, il ne l’est effectivement pas, et cependant, par une cause que je vais tâcher de faire sentir, les individus de son espèce agissent très-différemment les uns des autres dans des circonstances semblables.

La volonté dépendant toujours d’un jugement quelconque, n’est jamais véritablement libre ; car le jugement qui y donne lieu est, comme le quotient d’une opération arithmétique, un résultat nécessaire de l’ensemble des élémens qui l’ont formé. Mais l’acte même qui constitue un jugement doit varier dans ses produits, selon les individus, par la raison que les élémens qui entrent dans la formation de ce jugement, sont dans le cas d’être fort différens dans chaque individu qui l’exécute.

En effet, il entre, en général, tant d’élémens divers dans la formation de nos jugemens ; il s’en trouve tant qui sont étrangers à ceux qu’il faudroit employer ; et, parmi ceux dont on devroit faire usage, il y en a tant qui sont inaperçus ou rejetés par des préventions, ou, enfin, qui sont, soit altérés, soit changés, par notre disposition, notre santé, notre âge, notre sexe, nos habitudes, nos penchans, l’état de