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lieu de les faire passer insensiblement de leur état de sommeil apparent à la mort, cette augmentation de froid, si elle est un peu forte, produit alors sur leurs nerfs une irritation qui les réveille, les agite, ranime leurs mouvemens organiques, et par suite, leur chaleur interne ; et si cette augmentation de froid subsiste, elle les met bientôt dans un état de maladie qui cause leur mort, à moins que la chaleur ne leur soit promptement rendue.

Il suit de là que pour les animaux à sang chaud, et peut-être pour tous ceux qui ont des nerfs, un simple affoiblissement de leur orgasme peut les réduire à l’état d’engourdissement ; mais qu’alors cet orgasme n’est pas totalement détruit, puisque s’il survient un froid assez grand pour l’anéantir, ce froid, avant d’opérer cet effet, les irrite, les fait souffrir, les agite, et finit par les tuer.

Il y a apparence qu’à l’égard des animaux privés de nerfs, tout abaissement de température capable d’affoiblir leur orgasme, et de les réduire à un état d’engourdissement, peut, s’il augmente suffisamment, les faire passer de leur état de sommeil léthargique à celui de la mort, sans leur rendre auparavant aucune activité passagère.

On a pris l’effet pour la cause même, lorsqu’on