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extérieurs, ne peuvent produire en nous que des impressions intérieures.

Lorsqu’à la promenade, mon chien aperçoit de loin un animal de son espèce, il éprouve assurément une sensation que cet objet extérieur lui procure par l’entremise du sens de la vue. Aussitôt son sentiment intérieur, ému par l’impression qu’il reçoit, dirige son fluide nerveux dans le sens d’un penchant acquis dans tous les individus de sa race ; et alors, par une sorte d’impulsion involontaire, son premier mouvement le porte à s’avancer vers le chien qu’il aperçoit. Voilà un acte d’instinct excité par un objet extérieur ; et mille autres de même nature peuvent pareillement s’exécuter.

Relativement à ces phénomènes, dont l’organisation animale nous offre tant d’exemples, il me semble qu’on ne se formera une idée juste et claire de leur cause, que lorsqu’on aura reconnu : 1°. Que le sentiment intérieur est un sentiment général très-puissant, qui a la faculté d’exciter et de diriger les mouvemens de la portion libre du fluide nerveux, et de faire exécuter à l’animal différentes actions ; 2°. Que ce sentiment intérieur est susceptible de s’émouvoir, tantôt par des actes d’intelligence, qui se terminent par une volonté d’agir, et tantôt par des sensations qui amènent des besoins, qui l’excitent immédiate-