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commencer par emprunter du dehors, c’est-à-dire, des milieux environnans, la force productrice, soit des mouvemens organiques, soit de ceux des parties extérieures ; qu’ensuite elle a transporté cette force dans l’animal même ; et qu’enfin, dans les animaux les plus parfaits, elle est parvenue à mettre une grande partie de cette force intérieure à leur disposition ; ce que je montrerai bientôt.

Si l’on n’a point égard à la considération de cet ordre graduel qu’a suivi la nature, dans la création des différentes facultés animales, je crois qu’il sera difficile d’expliquer comment elle a pu donner l’existence au sentiment, et que l’on concevra plus difficilement encore comment de simples relations entre différentes matières peuvent donner lieu à la pensée.

Nous venons de voir que les animaux qui ne possèdent pas encore de système nerveux, ne pouvoient avoir en eux-mêmes la force productrice de leurs mouvemens, et que cette force leur étoit étrangère. Or, le sentiment intime d’existence étant absolument nul chez ces animaux ; et ce sentiment étant la source de cette puissance intérieure, sans laquelle les mouvemens et les actions de ceux qui la possèdent ne sauroient se produire ; sa privation, et par conséquent celle de la puissance qui en résulte, nécessitent, pour