Page:Lamarck - Philosophie zoologique 2.djvu/309

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


lesquelles ils se trouvent, il sera difficile de ne pas reconnoître que, relativement aux plus imparfaits d’entre eux, qui ne peuvent avoir de système nerveux, et, conséquemment, ne peuvent s’aider de l’action musculaire pour leurs mouvemens et leurs actions, ceux de ces mouvemens qu’on leur voit produire, naissent d’une force qui est hors d’eux, c’est-à-dire, que ne possèdent point ces animaux, et qui n’est nullement à leur disposition.

À la vérité, c’est dans l’intérieur de ces corps délicats que les fluides subtils, qui y arrivent du dehors, produisent les agitations que leurs parties en reçoivent ; mais il n’en est pas moins impossible à ces êtres frêles, par suite de leur foible consistance et de l’extrême mollesse de leurs parties, de posséder en eux-mêmes aucune puissance capable de produire les mouvemens qu’ils exécutent. Ce n’est que par un effet de leur organisation que ces animaux imparfaits régularisent les agitations qu’ils reçoivent, et auxquelles ils ne sauroient donner lieu.

La nature ayant opéré peu à peu et graduellement ses diverses productions, et créé successivement les différens organes des animaux ; variant la conformation et la situation de ces organes, selon les circonstances, et perfectionnant progressivement leurs facultés ; on sent qu’elle a dû