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ne dirige plus les mouvemens du fluide des nerfs, et alors l’individu est livré à des songes, c’est-à-dire, à des retours involontaires de ses idées, qu’il ressent et qui se présentent en désordre et dans des suites caractérisées par leur confusion.

Dans l’état de veille, le sentiment intérieur peut être fortement troublé dans ses fonctions, tantôt par une trop grande émotion, qui interrompt l’émission du fluide nerveux dans les muscles indépendans de la volonté, et tantôt par quelque irritation considérable qui agite principalement celui du cerveau. Dès lors, il cesse de diriger le fluide nerveux dans ses mouvemens ; on éprouve, soit la syncope, si ce trouble est le produit d’une grande émotion, soit le délire, si c’est une grande irritation qui l’occasionne, soit quelque acte de folie, etc., etc.

D’après ce qui vient d’être exposé, il me paroît évident que le sentiment intérieur de l’homme et des animaux qui le possèdent, est la seule cause productrice des actions ; que ce sentiment n’agit que lorsque les émotions, dont il est susceptible, l’ont mis dans le cas de le faire ; qu’il est ému, tantôt par des actes de l’intelligence, et tantôt par quelque besoin ou quelque sensation, qui agit immédiatement et subitement sur