Page:Lamarck - Philosophie zoologique 2.djvu/298

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Ainsi, je résume mes observations sur le sentiment intérieur, en disant que ce sentiment, dans les êtres qui en sont doués, est la source des mouvemens et des actions ; soit lorsque des sensations qui font naître des besoins lui causent des émotions quelconques ; soit lorsque la pensée donnant aussi naissance à un besoin ou montrant un danger, etc., l’émeut plus ou moins fortement. Ces émotions, de quelque part qu’elles viennent, ébranlent aussitôt le fluide nerveux disponible, et comme tout besoin ressenti dirige le résultat de l’émotion qu’il excite vers les parties qui doivent agir, les mouvemens s’exécutent invariablement par cette voie, et sont toujours en rapport avec ce que les besoins exigent.

Enfin, comme ces émotions intérieures sont très-obscures, l’individu, en qui elles s’exécutent, ne s’en aperçoit pas ; elles sont cependant réelles ; et si l’homme, dont l’intelligence est très-perfectionnée, y donnoit quelqu’attention, il reconnoîtroit bientôt qu’il n’agit que par des émotions de son sentiment intérieur, dont les unes étant provoquées par des idées, des pensées et des jugemens qui lui font ressentir des besoins, excitent sa volonté d’agir ; tandis que les autres résultant immédiatement de besoins pressans et subits, lui font exécuter