Page:Lamarck - Philosophie zoologique 2.djvu/29

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Cette tension, variable dans son intensité, selon l’état des parties qui la subissent, constitue ce que les physiologistes nomment le ton des parties ; elle paroît due, comme je l’ai dit, à la présence d’un fluide expansif qui pénètre ces mêmes parties ; qui s’y maintient pendant un temps quelconque ; qui tient leurs molécules dans un certain degré d’écartement entre elles, sans détruire leur adhérence ou leur ténacité ; et qui s’en échappe en partie et subitement, à tout contact provocateur d’une contraction, se rétablissant aussitôt après.

Ainsi, à l’instant de la dissipation du fluide expansif qui distendoit une partie, cette partie s’affaisse sur elle-même par l’effet de cette dissipation ; mais elle se rétablit aussitôt dans sa distension première par l’arrivée de nouveau fluide expansif remplaçant. Il en résulte que l’orgasme de cette partie lui donne la faculté de réagir contre les fluides visibles qui agissoient sur elle.

Cette tension des parties molles des animaux vivans ne va pas au point d’empêcher la cohésion des molécules qui forment ces parties, et de détruire leur adhérence, leur agglutination et leur ténacité, tant que l’intensité de l'orgasme n’excède pas certaines proportions. Mais la tension dont il s’agit empêche le rapprochement et l’affaissement qu’auroient ces molécules,