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vement imprimé, on sent qu’elle ne s’opère que par le nerf qui fut affecté, et qu’au moyen du fluide nerveux qui se meut alors dans sa substance. On sait qu’en interceptant, par une ligature ou une forte compression du nerf, la communication entre la portion qui aboutit à la partie affectée, et celle qui se rend au foyer des sensations, aucune ne sauroit alors s’effectuer.

La ligature, ou la forte compression, interrompant dans ce point la continuité de la pulpe molle du nerf, par le rapprochement des parois de sa gaine, suffit pour intercepter le passage du fluide nerveux en mouvement ; mais, dès que l’on enlève la ligature, la mollesse de la moelle nerveuse permet le rétablissement de sa continuité dans le nerf, et aussitôt la sensation peut de nouveau se produire.

Ainsi, quoiqu’il soit vrai que nous ne sentions qu’en nous-mêmes, la perception des objets qui nous affectent ne s’exécutant point, comme on l’a pensé, dans le foyer des sensations, mais à l’extrémité même du nerf qui a reçu l’impression, toute sensation n’est donc réellement ressentie que dans la partie affectée, parce que c’est là que se termine le nerf de cette partie.

Mais si cette partie n’existe plus, le nerf qui y aboutissoit existe encore, quoique raccourci ; et alors si ce nerf reçoit une impression, on éprouve