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à l’aide d’une condition essentielle (l'attention), se former des idées imprimées sur l’organe, comparer entre elles plusieurs de ces idées, et produire des jugemens ; et si les hémisphères accessoires de leur cerveau sont développés et perfectionnés, ils peuvent penser, raisonner, inventer, et exécuter différens actes d’intelligence.

Il est, sans doute, très-difficile de concevoir comment se forment les impressions qui gravent les idées ; et il est surtout impossible de rien apercevoir dans l’organe qui indique leur existence. Mais que peut-on en conclure, sinon que l’extrême délicatesse de ces traits, et que les bornes de nos facultés en sont la cause ? Dira-t-on que tout ce que l’homme ne peut apercevoir n’existe pas ! Il nous suffit ici que la mémoire soit un sûr garant de l’existence de ces impressions dans l’organe où elle exécute ses actes.

S’il est vrai que la nature ne fait rien subitement ou d’un seul jet, on sent que pour produire toutes les facultés qu’on observe dans les animaux les plus parfaits, il lui a fallu créer successivement tous les organes qui peuvent donner lieu à ces facultés ; et c’est, en effet, ce qu’elle a exécuté avec beaucoup de temps, et à l’aide de circonstances qui y ont été favorables.

Certes, cette marche est celle qu’elle a suivie ;