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Relativement à quantité d’animaux et de végétaux, il y a même, dans ce qui se passe à leur égard, une différence considérable que produisent l’été et l’hiver de nos climats, et qui témoigne en faveur du principe que je viens d’établir.

Quoique le calorique soit réellement la première cause de la vie dans les corps qui en jouissent, lui seul cependant ne pourroit nullement l’y faire exister et y entretenir les mouvemens qui la constituent en activité ; il faut encore, surtout pour les animaux, l’influence d’un fluide excitateur des actes de leur irritabilité. Or, nous avons vu que l'électricité possède toutes les qualités nécessaires pour constituer ce fluide excitateur, et qu’elle est assez généralement répandue partout, malgré ses variations, pour que les corps vivans en soient toujours pourvus.

Que quelqu’autre fluide invisible se joigne à l’électricité pour compléter la cause qui a la faculté d’exciter les mouvemens vitaux et tous les actes de l’organisation, cela est très-possible, mais je n’en vois nullement la nécessité.

Il me paroît que le calorique et la matière électrique suffisent parfaitement pour composer ensemble cette cause essentielle de la vie ; l’un en mettant les parties et les fluides intérieurs dans un état propre à son existence, et l’autre en provoquant, par ses mouvemens dans les corps, les