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l’organisation est plus compliquée. Il semble, pour ainsi dire, que la matière s’animalise alors de toutes parts, tant les résultats de cette prodigieuse fécondité sont rapides. Aussi, sans l’immense consommation qui se fait, dans la nature, des animaux qui composent les premiers ordres du règne animal, ils accableroient bientôt et peut-être anéantiroient, par les suites de leur énorme multiplicité, les animaux plus parfaits qui forment les dernières classes et les derniers ordres de ce règne, tant la différence dans les moyens et la facilité de se multiplier est grande entre les uns et les autres !

Ce que je viens de dire, relativement à la nécessité, pour les animaux, d’un calorique répandu dans les milieux environnans et qui y varie dans de certaines limites, est parfaitement applicable aux végétaux ; mais, à l’égard de ceux-ci, la chaleur ne maintient en eux la vie que sous quelques conditions essentielles.

La première, qui est la plus importante, exige que le végétal, en qui la chaleur anime la végétation, ait continuellement et proportionnellement de l’humidité à la disposition de ses racines ; car plus la chaleur augmente, plus ce végétal doit avoir d’eau pour fournir à la consommation qu’il en fait, ce qu’il perd de ses fluides par la transpiration étant alors d’autant plus considérable ; et