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J’essayerai de développer, dans la troisième partie de cet ouvrage, le mécanisme admirable de l’effet qui constitue ce qu’on nomme sentiment : ici je dirai seulement que le système d’organes particulier, qui peut produire un pareil effet, est connu sous le nom de système nerveux ; et j’ajouterai que le système dont il s’agit n’acquiert la faculté de donner lieu au sentiment, que lorsqu’il est assez avancé dans sa composition pour offrir des nerfs nombreux qui se rendent à un foyer commun ou centre de rapport.

Il résulte de ces considérations, que tout animal qui ne possède pas un système nerveux, dans l’état cité, ne sauroit éprouver l’effet remarquable dont il vient d’être question, et conséquemment ne peut avoir la faculté de sentir ; à plus forte raison tout animal qui n’a point de nerfs aboutissant à une masse médullaire principale, doit-il être privé du sentiment.

Ainsi donc la faculté de sentir ne peut être commune à tous les corps vivans, puisqu’il est généralement reconnu que les végétaux n’ont point de nerfs, ce qui ne leur permet nullement de la posséder ; mais on a cru cette faculté commune à tous les animaux, et c’est une erreur évidente ; car tous les animaux ne sont point et ne peuvent être munis de nerfs ; outre cela, ceux en qui des nerfs commencent à exister, ne pos-