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de sa formation, extrêmement souple et d’une foible consistance. La nutrition alors s’y exécute avec tant de facilité qu’elle y est surabondante. Dans ce cas, non-seulement elle répare complétement les pertes ; mais, en outre, par une fixation interne de particules assimilées, elle ajoute successivement à l’étendue des parties, et devient la source de l'accroissement du jeune individu qui jouit de la vie.

Mais après un certain terme, qui varie suivant la nature de l’organisation dans chaque race, les parties, même les plus souples, de cet individu, perdent une grande partie de leur souplesse et de leur orgasme vital ; et leur faculté de nutrition se trouve alors proportionnellement diminuée.

La nutrition, dans ce cas, se trouve bornée à la réparation des pertes ; l’état du corps vivant est stationnaire pendant un certain temps ; et ce corps jouit, à la vérité, de sa plus grande vigueur, mais ne s’accroît plus. Or, l’excédant des parties préparées, qui n’a pu être employé ni à la nutrition, ni à l’accroissement, reçoit de la nature une autre destination, et devient la source où elle puise ses moyens pour reproduire d’autres individus semblables.

Ainsi, la reproduction, troisième des facultés vitales, tire, de même que l’accroissement, son origine de la nutrition, ou plutôt des ma-