Page:Lamarck - Philosophie zoologique 2.djvu/111

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


C’est au moyen des alimens, dont les végétaux et les animaux sont obligés de faire usage pour conserver leur existence, que l’action des organes de ces corps vivans parvient, en modifiant et changeant ces alimens, à former des matières particulières qui n’eussent jamais existé sans cette cause, et à composer, avec ces matières, par des changemens et des renouvellemens perpétuels, le corps entier qu’elles constituent, ainsi que les produits de ce corps.

Par conséquent, toutes les matières, soit végétales, soit animales, étant très-surchargées de principes dans leur combinaison, et surtout de principes cœrcés, l’homme n’a donc aucun moyen pour en former de pareilles ; il ne peut, par ses opérations, que les altérer, les changer, les détruire enfin, ou en obtenir différentes combinaisons particulières, toujours de moins en moins compliquées. Il n’y a que les mouvemens de la vie, dans chacun des corps qui en sont doués, qui peuvent seuls produire ces matières.

Ainsi, les végétaux, qui n’ont ni canal intestinal, ni aucun autre organe quelconque pour exécuter des digestions, et qui n’emploient conséquemment, comme matières alimentaires, que des substances fluides ou dont les molécules n’ont ensemble aucune agrégation (telles que l’eau, l’air atmosphérique, le calorique, la lumière et