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nombre de mammifères, ainsi que sur celle de l’homme. Sa pointe est découpée en lanières très-étroites, très-courtes et obtuses[1].

Les évents, dont il paroît que Rondelet connoissoit déjà la forme, la valvule intérieure et la véritable position, se réunissent dans une seule ouverture, située à peu près au-dessus des yeux, et qui présente un croissant dont les pointes sont tournées vers le museau. L’œil n’est guère plus élevé que la commissure des lèvres, et n’en est séparé que par un petit intervalle ; la forme de la pupille ressemble un peu à celle d’un cœur ; et si l’on examine l’intérieur de l’organe de la vue, on est frappé par l’éclat que répand le fond de cette membrane à laquelle on a donné le nom de ruyschienne. Ce fond est revêtu d’une sorte de couche d’un jaune doré, comme dans l’ours, le chat et le lion[2]. Peut-être devroit-on remarquer que cette contexture particulière qui dore ainsi la ruyschienne, se trouve et dans le dauphin, dont l’œil, placé le plus souvent au-dessous de la surface de la mer, ne reçoit la lumière qu’au travers du voile formé par une couche d’eau salée plus ou moins trouble et plus ou moins épaisse, et dans les quadrupèdes, dont l’organe de la vue, extrêmement délicat, ne s’ouvre que très-peu lorsqu’ils sont

  1. Voyez les excellentes Leçons d’anatomie comparée de mon célèbre confrère Cuvier, publiées par l’habile professeur Duméril, tome II, p. 690.
  2. Même ouvrage, tome II, p. 402.