Page:Laberge - Le destin des hommes, 1950.djvu/56

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
54
LE DESTIN DES HOMMES

remit un billet de dix piastres. C’était le paiement de sa soirée.

— Je vais faire paraître votre portrait dans les journaux et la semaine prochaine nous aurons une fameuse assistance, annonça Bardu.

C’est vrai que j’aurais été bien fou de rester sur la terre, songeait Urgel en retournant à sa chambre. M. Bardu était à sa salle lorsque Urgel y fit son apparition le lundi après-midi.

— Vous avez eu un beau succès vendredi, fit-il d’un ton cordial, et c’était mérité. Réellement, je n’ai jamais vu un homme faire un arraché comme celui que vous avez réussi.

C’t homme-là sait ce que je peux faire et il m’encourage, se disait Urgel. J’ai été bien chanceux de le rencontrer.

Là dessus, il se mit à pratiquer avec les poids. M. Bardu l’observait et la même idée que l’autre jour lui trottait dans la tête.

— J’ai pensé à une chose, fit-il, lorsque Urgel s’assit un moment pour se remettre de ses efforts. Que diriez-vous de vous mettre en société avec moi pour exploiter cette salle ? J’ai fondé ce club avec un petit capital. Je suis certain d’en faire un succès, mais il me faudrait un peu d’argent pour le développer et en faire un centre sportif important. C’est une salle convenable, mais il y a des choses qui manquent. Ainsi, il nous faudrait une enseigne Néon pour attirer l’attention des passants et du grand public. Si vous deveniez mon associé, nous pourrions à nous deux faire du Club haltérophile Atlas un établissement de renom. Je connais plusieurs journalistes et ils nous feraient une belle publicité.