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LE DESTIN DES HOMMES

Le docteur était indigné. « Après que ton père t’a donné une belle terre, tu le laisses crever comme un chien. Écoute bien ce que je vais te dire. Quand bien même tu serais sur ton lit de mort, ne me fais pas demander, car je ne voudrais pas te traiter même si tu étais prêt à me donner toute ta terre. »

Mais le docteur était un homme de cœur tandis que le fils…

Dix jours plus tard, le vieux était mort, bien débarrassé de sa misère.

— J’aurais mieux aimé ne pas apprendre ces choses-là. C’est trop triste, déclare d’un ton apitoyé le vieux Quarante-Sous.

Un lourd silence régna pendant quelques moments, puis le visiteur reprit :

— Dis-moé donc, Firmin Dault, qui a fait sa première communion quand et nous autres, qu’est-ce qu’il fait maintenant ?

— Ben, Firmin Dault, il ne mène pas une vie ben gaie. Depuis des années, il souffre du diabète. Ça fait dix mois qu’il est au lit. Pis sa vieille est morte et c’est sa bru qui doit en prendre soin parce que son garçon part de grand matin pour aller travailler et ne rentre que le soir. Alors, c’est dur pour la femme et c’est pénible pour Firmin. Mais qu’est-ce que tu veux, c’est le Bon Yeu qui conduit ça. Firmin Dault, le vieux Gédéon se rappelait que lui et Firmin avaient, pendant six mois, fréquenté la même fille, la grande Philomène Leblanc, alors qu’ils étaient jeunes. Mais elle leur avait donné la pelle à tous deux et avait épousé Ephrem Laçasse, un ivrogne et un paresseux qui l’avait rendue bien malheureuse. Firmin Dault, son ancien rival, le vieux Gédéon serait heureux de le revoir, de lui serrer la main.