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et Muriel, la toute petite, qui vint au monde deux mois après que son père s’en fut allé…

Le drame qui plane sur ce sourire et cette enfance, l’attitude presque recueillie des rudes ouvriers des fabriques qui fréquentent le boarding house ; tout, depuis la sollicitude des compagnons qui, le dimanche, viennent embrasser les petits ; tout impressionne et fait songer.

La police trouve que c’est dangereux et mille honteuses tracasseries sont faites à une pauvre femme qui garde le même sourire — le même sourire étonné…


Le dernier Complot


Heureusement l’autorité veille. Elle agit. J’étais encore à Paterson au moment où fut dévoilé le dernier complot de la saison.

Cette fois il s’agissait de supprimer Victor Emmanuel III ; le fils après le père. Le coup partait du même endroit ; l’assassin partait de la même ville, du même foyer de conjuration. Ils avaient donc raison ceux-là qui parlaient de ténébreux complots.

On faisait la preuve.

Un homme dont les circonstances me permettent d’écrire le nom, un certain Inocenti Rafaele organisait l’attentat et recrutait à Paterson. Cet homme arrivé depuis peu tenait des propos violents, colportait des formules d’explosifs et développait un plan de campagne qui fut compris des camarades.

Cet homme était un mouchard.

Son aventure mérite de rester comme type des moyens employés par l’autorité pour accréditer des légendes qui « justifient » de larges coups de filets dès que s’en présente l’occasion. Inocenti Rafaele, qu’avant même de tenir pour mouchard on méprisait comme hâbleur, avait fini par reporter tous ses soins à la culture intensive d’un compagnon sans ouvrage et qui l’écoutait, taciturne ; quand il le crut mûr pour l’action, il précisa. On s’en irait en Italie, on abattrait le louveteau ; œuvre à deux : Rafaele payerait le voyage, l’autre frapperait. Entendu. Le compagnon taciturne avait deviné son partenaire ; il le suivit…

Pas bien loin. Mais suffisamment pour savoir que l’Inocenti avait ses petites entrées au consulat italien de New York. C’est curieux comme les personnes d’apparence le plus taciturne ont parfois des trouvailles gaies ; l’embauché de Rafaele fit remar-