Page:La Revue blanche, Belgique, tome 3, 1891.djvu/9

Cette page a été validée par deux contributeurs.

il faut l’avoir entendu à ce piano qu’il animait de si surprenante façon pour pouvoir apprécier quel virtuose on a perdu.

Très souvent applaudi, il restait, en véritable artiste, insensible aux succès, ennemi de la réclame, modeste par surcroit.

Avec cette imagination créatrice qui se développait si vigoureuse et si originale en lui, il eût réussi plus tard dans la composition. Il laisse des symphonies, des opéras et autres œuvres, presque tous inachevés ; et, ceux qui eurent le rare et triste bonheur de les écouter quelquefois, seuls diront qu’un des future maîtres de la musique contemporaine a disparu.

Nous venons de parler du passé de Pierre-René Hirsch. Quel enfant de vingt ans l’aura eu plus admirable et plus prometteur.

Si l’on songe aux années pendant lesquelles il eût produit ses œuvres de vraie maturité qu’une épouvantable mort l’empêche de vivre, on est pris d’une angoisse poignante,… d’une lassitude invincible et d’un chagrin, oh !… combien grand !…