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VOYAGE

3°. et les jeunes pieds d’arbres intéressans dont on n’aura pu se procurer des graines.

Les semences doivent être récoltées, lorsqu’on en aura le choix, dans leur plus parfaite maturité ; mais comme il arrivera très-souvent que le peu de séjour que l’on fera dans les îles où l’on abordera, ne laissera pas le temps de retarder la récolte des semences qui ne seront pas parfaitement mûres, il ne faut pas se dispenser pour cela de les ramasser : on peut en tirer toujours un parti avantageux ; mais dans ce cas, il convient d’avoir une précaution indispensable.

Les plantes herbacées, dont les semences ne se trouveraient qu’aux trois quarts et même aux deux tiers de leur maturité, doivent être arrachées avec leurs racines, ensuite liées par bottes, et transportées au navire, où on les suspendra dans un lieu à l’abri du soleil et de l’humidité : il est indubitable qu’une partie des semences de ces plantes mûrira dans l’espace de six à huit jours ; alors on les récoltera.

S’il arrivait qu’une plante intéressante dont on eût fort à cœur d’obtenir des semences, ne se trouvât qu’à l’époque où ses graines ne seraient que nouées, il ne faudrait pas désespérer de parvenir à son but. Dans ce cas, il conviendrait d’arracher ces plantes en mottes, et de les planter dans des paniers. Ces paniers seront couverts de leurs nattes pendant les premiers jours ; on arrosera matin et soir les plantes qu’ils renferment, et insensiblement on les