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Page:La Nouvelle revue. vol. 104 (Jan.-Feb. 1897).djvu/327

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LA

FORMATION DES ÉTATS-UNIS[1]




DEPUIS L’INDÉPENDANCE (1776-1865).


Quand le Congrès eut appelé Washington au commandement suprême et proclamé l’indépendance, il sembla que sa tâche fût achevée. On n’attendit plus rien de lui. L’attention se porta vers les treize souverainetés qu’il venait de créer. Chacun retourna dans son État pour aider à l’organiser et il devint bientôt évident que le titre de membre du Congrès serait moins envié que celui de membre de l’un des treize parlements qui allaient se constituer. Il y avait à cela plusieurs motifs. Le premier et le plus puissant était le patriotisme local très légitimement développé par les efforts accomplis et les résultats obtenus. Chaque État avait ses souvenirs, ses traditions, de bons serviteurs dont il honorait la mémoire et de belles institutions dont il suivait les progrès avec amour. Il s’agissait maintenant de compléter l’édifice, de grouper toutes les forces, d’utiliser la liberté conquise pour établir un bon gouvernement. L’ambition des premiers puritains revenait à leurs descendants de créer l’État idéal, l’État modèle. Mais à côté de ce louable désir de bien faire se manifestait une sorte de méfiance inquiète et jalouse à l’endroit d’un pouvoir fédéral, d’une souveraineté d’ensemble dominant celles des États. On était d’accord pour l’instituer, parce qu’il le fallait bien, si l’on voulait entretenir des relations suivies, peut-être même nouer des alliances avec les nations étrangères ; mais on était d’accord également pour la restreindre, la confiner dans des limites étroites, se précautionner contre ses envahissements possibles. Les hommes qui avaient rédigé et voté la déclaration d’indépendance

  1. Voir la Nouvelle Revue du 15 décembre 1896 et 1er janvier 1897.