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Page:La France foutue, 1796.djvu/23

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ÉPÎTRE

À MES LECTEURS.


Fouteur, qui des fouteurs est le meilleur fouteur,
Qui bandez, qui branlez, et foutez de bon cœur
En con, cuisses ou cul, tetons aisselle ou bouche,
Qui foutez de bon cœur, et que rien n’effarouche ;
Déterminé fouteur, pour qui tout l’univers,
Pour un sceptre, une croix, peut se mettre à l’envers ;
Qui laissez renverser et le trône et le pape :
Que rien ne peut troubler, pourvu que de Priape
L’on respecte les lois, le culte et les plaisirs,
Et qu’on ne vienne pas insulter vos desirs,
C’est à vous que j’écris, à vous je me dédie :
Et tout en vous branlant, lisez ma tragédie.
 Pour vous, sexe foutant, que l’on fout à Paris,
Dans Rome, dans Pékin, dit-on, en Paradis ;
Vous, qui lisez mes vers, où respire le foutre :
Ô vous, pour qui je bande, et ne puis passer outre !…
Ah ! que n’étiez-vous là lorsque je les ai faits !
J’ai tracé des tableaux, j’eusse fait des portraits !