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par les jambes. Que je fus heureuse en voyant respirer encore Henriette ! Dehors tous de la voiture, j’aperçus à un demi-quart de lieue un hameau. Je dis à ma femme de chambre d’y conduire tout de suite Henriette, pour lui faire prendre quelque chose et je voulus rester avec Alexandrine et votre père, jusqu’à ce que la voiture fût relevée. Le cocher et les deux domestiques se mirent à l’ouvrage. Pendant ce temps, Alexandrine se désolait de voir partir sa sœur sans elle, et par une extrême bonté, je pris le parti de l’y conduire. Le verglas rendait le chemin très glissant. Pour faire passer Alexandrine dans les endroits moins glissants, je montai sur une élévation formée par un petit rocher ; je glissai et je tombai assise. La douleur fut si vive que je me trouvai mal. Quand on me releva de la place, je m’aperçus que je m’étais démis le coccyx et que mes reins ne pouvaient plus me soutenir. Il fallut cependant me rendre à ce hameau, me trouvant mal à chaque instant. Une seule maison pouvait nous recevoir, mais sans lit. Une seule chambre avec cheminée, qui était celle de toute la maison, me fut donnée. Je demandai en vain un matelas pour m’y étendre ; on ne pouvait m’en donner ; il n’y en avait pas un dans la pauvre maison. Saint-Jean fut dans toutes les