Page:La Corée Libre, numéro 3, juillet 1920.djvu/18

Cette page n’a pas encore été corrigée

que je ne puisse donner une date précise, une notification en sera faite dans. un très prochain avenir. »

Le baron Saïto se sert encore du Japon comme exemple d’analogie. « Le Japon, me déclare-t-il, passa par trois phases de liberté de la presse avant de parvenir à l’état actuel. Il y eut d’abord restriction stricte ; puis, elle fut modifiée et élargie par degré. Il n’est peut-être pas utile pour la Corée, ajoute-t-il, de passer par ces mêmes stades ; mais, néanmoins, il ne serait pas possible immédiatement de permettre en Corée la même liberté. de presse qu’au Japon. Certaines restrictions sont nécessaires pour le moment.

« Actuellement, poursuit le baron Saïto, des écrits enflammés de toutes sortes venant de l’étranger pénètrent en Corée. Si nous permettions une liberté de presse sans aucune restriction pour l’instant, cela encouragerait l’impression et la distribution en Corée même d’effusions similaires, qui ne feraient rien d’autre que du mal à la masse du peuple. Afin de protéger ce peuple, il nous faut attendre et voir ce que deviendra la situation. »

À la question : Quand la liberté de parole, la liberté de réunion et de libre expression dans ces réunions seront-elles permises ? Le Gouverneur me répond :

« La liberté de réunion et de pouvoir s’exprimer librement dans ces réunions seront permises, mais non sans restrictions. Décider du règlement de ces réunions est une affaire délicate et demande de nombreuses investigations. Si c’est la liberté de parole en japonais que les Coréens désirent simplement, le Gouvernement est prêt à la leur accorder à n’importe quelle époque ; mais cette concession serait sans aucune signification utile pour les Coréens. S’ils veulent également que les réunions se fassent en langue coréenne, il sera obligatoire pour le Gouvernement, afin de les contrôler, d’avoir des fonctionnaires qualifiés qui comprennent parfaitement la langue. Aussi, faisons-nous des préparations en vue de permettre la liberté de réunion et de parole en général, elle sera annoncée dans un prochain avenir. »

Liberté de la presse, mais avec restrictions ; liberté de parole, mais contrôlée par des fonctionnaires ; cela se passe de commentaires !

La question suivante porta sur l’Éducation. Je demandais si la seule langue permise d’être employée dans les écoles serait le Japonais ? Si quelques livres en langue coréenne ne seraient pas tolérés ? Quelle serait la proportion du temps consacré à l’étude de la langue japonaise, et si une plus grande liberté serait accordée à ce sujet ? Si les écoles privées verraient s’alléger les restrictions actuelles qui pèsent sur elles ? Sur certains de ces points, le baron Saïto fut significativement explicite.

Pour la langue à employer dans l’instruction, le baron Saïto dit que « dans toutes les écoles pour les Coréens, depuis l’école primaire jusqu’aux hautes écoles, la lecture, l’écriture et la littérature coréennes sont enseignées dans la langue indigène ; mais, dans l’instruction générale où la langue coréenne n’est pas nécessaire, c’est le Japonais qui est et qui sera utilisé. De ce fait, la plupart des livres sont et seront obligatoirement en japonais ».

Quant à la relativité du temps consacré à l’étude de la langue japonaise, le baron Saïto déclara qu’il ne se rappelait plus exactement la proportion donnée à ce sujet.

« En tout cas, dit-il, les enfants coréens n’y emploient pas une