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les saisissent d’une première vue, et ils savent les exprimer par des mots convenables : on ne nomme point plus heureusement. Devenus hommes, il sont chargés à leur tour de toutes les imperfections dont ils se sont moqués. L’unique soin des enfants est de trouver l’endroit faible de leurs maîtres, comme de tous ceux à qui ils sont soumis : dès qu’ils ont pu les entamer, ils gagnent le dessus, et prennent sur eux un ascendant qu’ils ne perdent plus. Ce qui nous fait déchoir une première fois de cette supériorité à leur égard est toujours ce qui nous empêche de la recouvrer.

55 (IV)

La paresse, l’indolence et l’oisiveté, vices si naturels aux enfants, disparaissent dans leurs jeux,