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on de diserts orateurs, qui aient semé dans la chaire toutes les fleurs de l’éloquence, qui, avec une saine morale, aient employé tous les tours et toutes les finesses de la langue, qui plaisent par un beau choix de paroles, qui fassent aimer les solennités, les temples, qui y fassent courir ? qu’on ne les cherche pas ailleurs, ils sont parmi vous. Admire-t-on une vaste et profonde littérature qui aille fouiller dans les archives de l’antiquité pour en retirer des choses ensevelies dans l’oubli, échappées aux esprits les plus curieux, ignorées des autres hommes ; une mémoire, une méthode, une précision à ne pouvoir dans ces recherches s’égarer d’une seule année, quelquefois d’un seul jour sur tant de siècles ? cette doctrine admirable, vous la possédez ; elle est du moins en quelques-uns de ceux qui forment cette savante assemblée. Si l’on est curieux du don des langues, joint au double talent de savoir avec exactitude les choses anciennes, et de narrer celles qui sont nouvelles avec autant de simplicité que de vérité, des qualités si rares ne vous manquent pas et sont réunies en un même sujet. Si l’on cherche des hommes habiles, pleins d’esprit et d’expérience, qui, par le privilège de leurs emplois, fassent parler le Prince avec dignité et avec justesse ; d’autres qui placent heureusement et avec succès, dans les négociations les plus délicates, les talents qu’ils ont de bien parler et de bien écrire ; d’autres encore qui prêtent