Page:La Bruyère - Œuvres complètes, édition 1872, tome 2.djvu/275

Cette page n’a pas encore été corrigée



Si vous êtes d’une certaine qualité, et que vous ne vous sentiez point d’autre talent que celui de faire de froids discours, prêchez, faites de froids discours : il n’y a rien de pire pour sa fortune que d’être entièrement ignoré. Théodat a été payé de ses mauvaises phrases et de son ennuyeuse monotonie.

I7 (I)

L’on a eu de grands évêchés par un mérite de chaire qui présentement ne vaudrait pas à son homme une simple prébende.

I8 (I)

Le nom de ce panégyriste semble gémir sous le poids des titres dont il est accablé ; leur grand nombre remplit de vastes affiches qui sont distribuées dans les maisons, ou que l’on lit par les rues en caractères monstrueux, et qu’on ne peut non plus ignorer que la place publique. Quand sur une si belle montre, l’on a seulement essayé du personnage, et qu’on l’a un peu écouté, l’on reconnaît qu’il manque au dénombrement de ses qualités celle de mauvais prédicateur.

I9 (VII)

L’oisiveté des femmes, et l’habitude qu’ont les hommes de les courir partout où elles s’assemblent, donnent du nom à de froids orateurs, et soutiennent quelque temps ceux qui ont décliné.

20 (VI)

Devrait-il suffire d’avoir été grand et puissant dans le monde pour être louable ou non, et, devant le saint autel et dans la chaire de la vérité, loué et célébré à ses funérailles ? N’y a-t-il point d’autre grandeur que celle qui vient de l’autorité et de la naissance ?