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culté, il n’en est pas de même de sa lecture : ceux qui ont déchiffré comme M. Ravaisson Mollien ce texte écrit à rebours, c’est à-dire de droite à gauche, à l’hébraïque, d’une encre pâlie, d’une écriture serrée et d’une ponctuation incertaine ont accompli un tour de force, même en s’aidant d’un miroir pour mettre le texte à l’endroit.

Faut-il avouer, que, à l’instar des gens du seizième siècle, le traducteur fut attiré par la beauté des dessins ; le savant l’étonna, sans le séduire ; qu’en second lieu il chercha à retrouver la philosophie de Léonard de Vinci, sa doctrine métaphysique et morale ; et qu’enfin il estime que cet homme incomparable a perdu son temps, gaspillé le plus beau génie à inventer des métiers à rubans, des laminoirs, des dragues et des canons.

Pour ces besognes, il y à toujours du monde, en tout temps, tandis que depuis le 2 mai 1519 aucune main n’a dessiné comme celle qui se refroidit et s’immobilisa au château de Cloux, près d’Amboise. Même pour le génie, le jour n’a que vingt-quatre heures ; et les forces de l’application, toutes exaltées ne franchissent pas leurs limites.

La présente compilation équivaut a une œuvre originale pour le temps, la fatigue des yeux et de la main ; et Léonard peinait autant et plus à décrire la sagoma qu’à dessiner un croquis immortel. Il a donc eu tort de se demander quel mouvement il faut donner au plan mobile pour obtenir une ellipse, et si le levier est le double du contre levier, et s’il revient au même pour le moteur d’avoir le poids au milieu du levier qu’au bout du contre levier.