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8o LES MANUSCRITS DE LÉONARD DE VINCI

recouverts par la poussière, d'autres, dont le sang coule et se mêle à la terre et forme une boue rouge; et on verra le sang courir par an cours tortueux du corps à la terre ; d'autres mourants grinceront des dents, les yeux révulsés, serrant les poings à quelqu'un et les jambes écartées.

On pourra voir quelques-uns désarmés et abattus par l'ennemi se retourner contre lui et le mordre, et le griffer en une cruelle et âpre vengeance ; et aussi un cheval courir sans cavalier, les crins au vent, dans les rangs- ennemis, et, à coups de sabots, faire grand dommage ; on pourra voir un blessé tombé à terre et se couvrant de son bouclier, et l'ennemi se courbant pour l'achever.

On pourrait encore voir un tas de cadavres sur un cheval mort.

On verrait quelques-uns des vainqueurs quitter le combat et sortir de la mêlée, et des deux mains, s'essuyant les yeux, et les joues couvertes de fange, faite des larmes de l'œil irrité par la poussière. On verrait l'escadron de réserve se tenir plein d'espoir et attentif, avec les sourcils joints et faisant ombre avec la main, et regarder parmi la fourmillante

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