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CONTES SLAVES

berger était étendu par terre, la tête appuyée sur la main : il rêvait.

Tout à coup, ô merveille ! voici que de toutes parts des masses de serpents se dirigent vers un rocher qui se dressait en face du berger ; chaque serpent, en arrivant auprès du rocher, prenait sur sa langue une certaine herbe et l’appliquait sur le rocher. Le rocher s’ouvrait, et les serpents disparaissaient l’un après l’autre dans ses flancs.

Le berger se leva ; il recommanda à son chien Dounaï de ramener le troupeau à la maison, et marcha vers le rocher. — Il faut, pensait-il, que je voie ce qu’est cette herbe et où vont ces serpents.

Il arracha un brin de l’herbe et en toucha le rocher qui s’ouvrit.

Il entra et se trouva dans une grotte dont les parois étincelaient d’or et d’argent. Au milieu de la grotte il y avait un trône d’or ; sur ce trône était assis, roulé en rond, un gros serpent : il dormait. Autour de la table étaient groupés des milliers de serpents : ils dormaient aussi ; pas un ne bougea quand le berger entra dans la grotte.

Cet endroit plut d’abord au berger ; il en fit plusieurs fois le tour, puis il commença à