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L’ESPRIT DU MORT

tôt la main de sa fille, saute à cheval et part en guerre contre les ennemis. À peine a-t-il aperçu leurs étendards qu’il brandit l’épée aux quatre vents. À chaque mouvement, les rangs ennemis tombent ; l’arrière-garde, prise de terreur, s’enfuit au galop. Le prince revient joyeux avec un butin considérable et il fait venir sa fille pour la donner en mariage à celui qui a apporté l’épée.

Déjà on prépare la noce ; les musiciens jouent ; le château brille de mille lumières. Seule, la princesse est triste ; l’archer qu’on lui destine n’est pas celui qu’elle a vu dans le château, mais elle n’ose pas demander à son père ce qu’il est devenu. Elle pleure en cachette et son cœur est bien agité.

Cependant le pauvre clerc tué dans sa peau de lièvre était resté sous un chêne de la forêt. Tout à coup il est réveillé de son sommeil de mort. Devant lui se dresse un esprit, celui de l’homme dont il a enseveli les restes. L’esprit lui rappelle ses aventures, le rend à la vie et lui dit :

— Demain ont lieu les noces de la princesse ; cours au château le plus vite possible, elle te reconnaîtra bien, ainsi que l’archer qui t’a tué traîtreusement.