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L'HOMME, CET INCONNU

cutions de ses ennemis, il lui arrive de préférer le suicide à ce changement. Il est évident que l'individu dépasse de toutes parts sa frontière corporelle. Mais l’homme peut se prolonger dans l’espace de façon plus positive encore[1]. Au cours des phénomènes télépathiques, il projette instantanément au loin une partie de lui-même, une sorte d’émanation, qui va rejoindre un parent ou un ami. Il s’étend ainsi à de longues distances, franchit l'océan, des

  1. Les limites psychologiques de l'individu dans l'espace et dans le temps ne sont évidemment que des suppositions. Mais des suppositions, même étranges, Sont commodes pour grouper des faits qui restent, pour le moment, inexplicables. Leur but est simplement de provoquer de nouvelles expériences. L'auteur réalise clairement que ses conjectures seront, considérées comme hérétiques aussi bien par les matérialistes que par les spiritualistes, par les vitalistes que par les mécanistes. Que l'équilibre même de son cerveau sera mis en doute. Cependant on ne peut pas négliger des faits parce qu’ils sont obscurs. Il faut, au contraire, les étudier. La métapsychique nous donnera peut-être sur la nature de l'être humain des renseignements plus importants que la psychologie normale. Les sociétés de recherches psychiques et, en particulier, la société anglaise, ont attiré sur la clairvoyance et la télépathie l'attention du public. Aujourd’hui, le temps est venu d'étudier ces phénomènes physiologiques. Mais les recherches métapsychiques ne doivent pas être entreprises par des amateurs, même si ces amateurs sont de grands physiciens, de grands philosophes ou de grands mathématiciens. Pour les savants les plus illustres, qu'ils s'appellent Isaac Newton, William Crookes ou Oliver Lodge, il est dangereux de sortir de leur domaine et de s'occuper de théologie ou de spiritisme. Seuls, des médecins ayant une connaissance approfondie de l'homme, de sa physiologie, de ses neurones, de son aptitude au mensonge, de sa susceptibilité à la suggestion, de son habileté à la prestidigitation, sont qualifiés pour étudier ces faits. Et les suppositions de l’auteur au sujet des limites spatiales et temporelles de l'individu inspireront, il l'espère, non pas de futiles discussions, mais des expériences faites avec les techniques de la physiologie et de la physique.