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rituelle, le degré de sentiment, le tour d’esprit, la direction dé la volonté, les idées sur la vie sociale et intellectuelle, tout ce qui moule le caractère et les coutumes du peuple, voilà les causes intérieures de ces particularités qui donnent la vie et la solidité au corps de la nation. Naturellement tout cela ne se manifeste pas séparément, un point après l’autre, mais tout ensemble, ou se supportant, se complétant mutuellement et formant un tout, une nationalité bien distincte.


I

Appliquons à présent ces principes à notre but, qui est de définir la différence entre la nationalité grande russienne et la nationalité petite russienne ou ukranienne.

Le commencement de cette distinction et la séparation des Slaves en diverses peuplades se perdent dans la nuit des temps. A l’époque où la littérature grecque commence à parler des Slaves, ceux-ci étaient déjà séparés en de nombreux peuples formant de grandes agglomérations ou de petites divisions ; il est presque impossible d’en localiser quelques-unes. Procope partage les Slaves en deux grandes branches : les Antes et les Slaves. Jornandes les divise en trois branches : les Slaves, les Antes, les Venètes.

Sans doute ces branches se subdivisaient encore en d’autres : c’est ce que montrent les renseignements de Procope et de Maurice, qui nous disent que les Slaves se faisaient constamment des guerres intestines et vivaient en groupes, à l’écart les uns des autres. Or, tant que les peuples guerroient les uns contre les autres, il se produit naturellement entre eux des différences ethnographiques, des distinctions, etc. Constantin Porphyrogénète compte déjà plusieurs petites branches de Slaves.

Notre premier annaliste, en nommant les Slaves (de Russie) les divise en plusieurs parties, chacune ayant ses particularités et ses us et coutumes établis. Il va sans dire que quelques-unes se ressemblaient plus que d’autres. De ces rejetons ethnographiques, tous plus ou moins ressemblants, se développa graduellement une nationalité générale (rousse) en relations avec les autres Slaves du Midi.

Est-ce que dans l’antiquité la plus reculée on trouve des traces