Page:Kostomarov - Deux nationalités russes.djvu/31

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

la dignité du chef de l’Église. Par contre, au moyen de l’entente mutuelle, pourvu que l’autorité séculière ne demandât pas au clergé de déclarations qui fussent trop contraires aux lois de l’Église. et que l’autorité ecclésiastique ne cherchât pas à se mettre au-dessus des pouvoirs temporels, l’Église était réellement la maîtresse de la vie politique et sociale, et le pouvoir était puissant parce qu’il avait reçu la consécration de l’Église.

Ainsi la philosophie grande-russienne ayant reconnu la nécessité d’une unité et du sacrifice pratique de l’individualisme, comme condition de toute action générale, soumettant la volonté du peuple à la volonté de ses élus, laissait la sanctification du succès à la suprême expression de la sagesse et en arriva à la formule : Dieu et le tsar en tout ! qui célébrait le triomphe de la suprématie de l’état sur l’individualisme. À l’époque éloignée que nous avons désignée sous le nom d’enfance de la Grande Russie, dans la religiosité grande-russienne, se révèle la qualité qui en forme le trait caractéristique, en opposition à ce que la religiosité se montra ensuite dans l’élément petit-russien. C’est l’importance des cérémonies, des formules tout extérieures. Ainsi au nord on soulève la question si, les jours de fête, on peut manger de la viande et des laitages. Ces discussions ont conduit à la formation de la plupart des sectes qui existent encore aujourd’hui et dont les différences sont tout extérieures.


VI

Au sud dans l’antiquité nous trouvons deux schismes peu connus de l’orthodoxie, mais qui n’en avaient pas l’esprit — ceux d’Adrien et de Dimitri : ils se rapportaient aux règlements capitaux de l’Église et leurs opinions ont été déclarées hérésies, c’est-à-dire opinions fausses dérivées d’un travail de l’esprit sur les questions religieuses ; sous ce rapport le peuple de la Russie méridionale ne s’est pas, par la suite, distingué par des querelles sur des questions de formes extérieures, dont le nord était si prodigue. Il est certain que jusqu’à présent, en Ukraine, il n’y a pas eu de sectes pour les questions de formalisme.

Au nord de Novgorod et à Pskof, quoique des questions de forme aient été discutées dans la querelle comme sur le sougouba de l’alléluiah, et qu’à Novgorod on se soit demandé s’il fallait dire :