Page:Kipling - Le Livre de la jungle, illustré par de Becque.djvu/267

Cette page a été validée par deux contributeurs.


répondent, et quelques-uns d’entre nous sont tués, mais alors, il y a plus à paître pour ceux qui restent. C’est le Destin — voilà tout. N’importe, Double-Queue est un grand poltron. Voilà la vraie manière de combattre. Nous sommes deux frères, nous venons de Hapour. Notre père était taureau sacré de Shiva. Nous avons dit.

— Eh bien ! j’ai certainement appris quelque chose ce soir, dit le cheval de troupe. Et vous, Messieurs de la batteries des canons à vis, vous sentez-vous enclins à manger quand on vous tire dessus avec de gros canons, et que Double-Queue suit par-derrière ?

— À peu près autant qu’à nous vautrer par terre et à laisser des hommes s’étaler sur nous, ou à courir parmi des gens à coutelas. Je n’ai jamais entendu pareilles billevesées. Une saillie de montagne, un fardeau bien équilibré, un conducteur à qui s’en remettre pour vous laisser poser les pieds à votre choix, et je suis votre mulet ; mais — les autres choses — — non ! dit Billy, en frappant du pied.

— Évidemment, reprit le cheval de troupe, tout le monde n’est pas fait du même bois, et je vois bien que dans la famille, du côté de votre père, on devait être lent à saisir beaucoup de choses.

— La famille de mon père ne vous regarde pas, s’écria Billy avec colère ; car tous les mulets détestent s’entendre rappeler que leur père est un âne. Mon père était un gentleman du Sud, qui n’aurait pas été gêné de mettre en charpie n’importe quel cheval. Mets-toi ça dans la tête, gros Brumby !

Brumby veut dire rossard sans origine. Imaginez les