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devenir un grand phoque comme ton père, puis fonder une nursery sur la plage : et alors, ils te laisseront la paix. Dans cinq ans d’ici, tu devrais pouvoir te battre pour ton compte.

Même la douce Matkah, sa mère, lui dit :

— Tu ne pourras jamais empêcher les tueries. Va jouer dans la mer, Kotick.

Et Kotick s’en alla danser la danse du feu, son petit cœur très gros.

Cet automne, il quitta la grève sitôt qu’il put et se mit seul en route, à cause d’une idée qu’il avait dans sa tête obstinée. Il trouverait Sea Cow, si tel personnage existait dans l’étendue des mers, et il découvrirait une île paisible avec de bonnes grèves de sable ferme pour les phoques, où les hommes ne pourraient pas les atteindre.

Infatigablement, tout seul, il explora l’océan, du nord au sud du Pacifique, nageant jusqu’à trois cents milles en un jour et une nuit. Il lui arriva plus d’aventures qu’on ne peut conter ; c’est tout juste s’il échappa au Requin Tacheté ainsi qu’au Marteau ; il rencontra tous les ruffians sans foi qui vagabondent à travers les mers, et les lourds poissons polis et les grands coquillages écarlates et tachetés qui restent à l’ancre au même endroit des centaines d’années et en tirent grand orgueil ; mais il ne rencontra jamais Sea Cow, et jamais il ne trouva une île qui lui plût. Si la grève était bonne et ferme avec une pente douce où les phoques pussent jouer, il y avait toujours à l’horizon la fumée d’un baleinier qui faisait bouillir de la graisse, et Kotick savait ce que cela signifiait. Ou bien il pouvait voir que