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Page:Kant - Critique du jugement, trad. Barni, tome premier.djvu/337

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DEUXIÈME SECTION

DE LA CRITIQUE DU JUGEMENT ESTH?TIQUE.

Dialectique du Jugement esthétique.

§. LIV.

Pour qu’une faculté de juger puisse être dialecti- quement considérée, il faut d’abord qu’elle soit rai- sonnante, c’est-à-dire que ses jugements prétendent a priori à l’universalité1 , car c’est dans l’opposition de ces jugements entre eux que consiste la dialecti- que. C’est pourquoi l’opposition qui se manifeste entre des jugements esthétiques sensibles (sur l’a- gréable et le désagréable) n’est pas dialectique. D’un (1) On peut appeler jugement raisonnant (judicium ratioci- nans) tout jugement qui se proclame universel, car, comme tel, il peut servir de majeure dans un raisonnement. On peut appeler au contraire* jugement raisonné (judicium ratiocinatum) un gement conçu comme la conclusion d’un raisonnement, par con- séquent un fondement a priori.

  • J’emploie ces expressions raisonne et raisonnant, faute de meilleures ; le sens

qu’il faut leur donner ici est d’ailleurs parfaitement déterminé par la note même de Kant. J. B.