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raison nous dit que c’est là une impiété et une injustice odieuse. [7] À nos yeux, le vrai destin inévitable, c’est la juste récompense du bien et le juste châtiment du mal. [8] Dieu n’a pas créé l’homme comme les autres êtres, comme les arbres et les quadrupèdes qui ne peuvent rien faire librement. L’homme ne mériterait ni récompense ni louange, si, au lieu de choisir de lui-même le bien, il était bon par nature. De même, on ne pourrait punir justement ses fautes, si elles n’étaient volontaires, et si lui-même ne pouvait être autre chose que ce qu’il est[1].

XLIV. C’est l’Esprit prophétique qui nous donne ces enseignements, quand il fait dire à Dieu, par Moïse, au premier homme sortant de ses mains : « Voici devant toi le bien et le mal : choisis le bien. »[2] [2] L’autre prophète, Isaïe, met également ces paroles dans la bouche de Dieu, le père et le maître de l’univers. [3] « Lavez-vous, purifiez-vous, enlevez le mal de vos cœurs, apprenez à bien faire, rendez justice à l’orphelin et défendez la veuve ; venez alors et comptons, dit le Seigneur. Vos péchés vous eussent-ils rendus rouges comme la pourpre, je vous rendrai blancs comme la laine ; fussiez-vous rouges comme l’écarlate, je vous rendrai blancs comme la neige. [4] Si vous voulez m’écouter, vous serez nourris des biens de la terre ; mais si vous ne m’écoutez pas, le glaive vous dévorera. C’est la bouche du Seigneur qui a parlé. »[3] [5] Cette

  1. Joh. Dam., Sacra, 99, p. 34 Holl.
  2. Cf. Deut., xxx, 15, 19.
  3. Isaïe, i, 16-20.