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Page:Jules Verne - L’Île mystérieuse.djvu/268

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l'île mystérieuse.

— Pas tant de hurrahs ! dit Gédéon Spilett.

— Pourquoi ? Ils sont tous tués, répondit le marin.

— D’accord, mais cela ne nous donne pas le moyen de rentrer chez nous.

— Allons au déversoir ! répliqua Pencroff.

— Sans doute, dit l’ingénieur. Cependant, il eût été préférable… »

En ce moment, et comme une réponse faite à l’observation de Cyrus Smith, on vit l’échelle glisser sur le seuil de la porte, puis se dérouler et retomber jusqu’au sol.

« Ah ! mille pipes ! Voilà qui est fort ! s’écria le marin en regardant Cyrus Smith.

— Trop fort ! murmura l’ingénieur, qui s’élança le premier sur l’échelle.

— Prenez garde, monsieur Cyrus ! s’écria Pencroff, s’il y a encore quelques-uns de ces sagouins…

— Nous verrons bien, » répondit l’ingénieur sans s’arrêter.

Tous ses compagnons le suivirent, et, en une minute, ils étaient arrivés au seuil de la porte.

On chercha partout. Personne dans les chambres, ni dans le magasin qui avait été respecté par la bande des quadrumanes.

« Ah çà, et l’échelle ? S’écria le marin. Quel est donc le gentleman qui nous l’a renvoyée ? »

Mais, en ce moment, un cri se fit entendre, et un grand singe, qui s’était réfugié dans le couloir, se précipita dans la salle, poursuivi par Nab.

« Ah ! le bandit ! » s’écria Pencroff.

Et la hache à la main, il allait fendre la tête de l’animal, lorsque Cyrus Smith l’arrêta et lui dit :

« Épargnez-le, Pencroff.

— Que je fasse grâce à ce moricaud ?

— Oui ! C’est lui qui nous a jeté l’échelle ! »

Et l’ingénieur dit cela d’une voix si singulière, qu’il eût été difficile de savoir s’il parlait sérieusement ou non.

Néanmoins, on se jeta sur le singe, qui, après s’être défendu vaillamment, fut terrassé et garrotté.

« Ouf ! s’écria Pencroff. Et qu’est-ce que nous en ferons maintenant ?

— Un domestique ! » répondit Harbert.

Et en parlant ainsi, le jeune garçon ne plaisantait pas tout à fait, car il savait le parti que l’on peut tirer de cette race intelligente des quadrumanes.