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XXIV

LE RETOUR


Ah ! que la route est triste !

Ma mère voit bien ma douleur et essaye de me consoler, ce qui m’irrite, et je suis forcé de me retenir pour ne pas la brusquer. Je m’en veux de paraître accablé : je n’ai donc pas de courage !

Non, je n’en ai pas ; les noms de stations criés à la gare m’entrent dans la poitrine comme des coups de corne.

Beaugency ! Amboise ! Ancenis !

On signale un château, une ruine ; mais c’est tout près de Nantes, cela !

« Jeune homme, nous n’en sommes pas à plus de cinq lieues.

— Oh ! mon Dieu !

— Nous y sommes. »


Comme les rues paraissent désertes ! Sur le quai où nous demeurons, il y a deux ou trois personnes qui passent — pas plus. Je reconnais un ancien capitaine