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de la question.

sont recouverts et paraissent empâtés par cette substance ;

Qu’en faisant bouillir les tranches minces des portions malades, on remarque à l’intérieur des utricules un réseau formé par la substance colorante qui enveloppait, avant l’opération, chacun des grains de fécule ;

Que l’acidité du suc de la pomme de terre diminue, en raison de l’augmentation de la maladie, et j’en concluais que c’était la substance azotée du tubercule qui subissait la principale transformation ;

Que, d’après tout ce qui précède, les tubercules les plus profondément altérés peuvent encore être employés avec avantage, soit pour en extraire le principe amylacé, soit pour en obtenir des eaux-de-vie par la distillation, et qu’ainsi la récolte était loin d’être complètement anéantie, comme on le supposait.

Ces faits capitaux étaient, comme on le voit, de nature à tranquilliser les cultivateurs. M. Morren, au contraire, a vu dans la maladie l’effet d’un champignon parasite qui, après avoir atteint les organes foliacés, s’étendrait aux parties souterraines et deviendrait la seule cause de l’altération des tubercules. M. Montagne, de son côté, a eu la même pensée, en donnant à ce champignon le nom de botrytis infestans.

Voici en abrégé l’opinion de M. Morren sur