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VOLPONE.

CORBACCIO.

Bien, bien.

MOSCA.

C’est mieux encore, si vous voulez m’écouter.

CORBACCIO.

J’écoute de tout mon cœur.

MOSCA.

Je vous conseillerais maintenant de retourner chez vous sur-le-champ, de formuler un testament sur lequel vous inscririez mon maître comme votre seul héritier.

CORBACCIO.

Mais ce serait déshériter mon fils !

MOSCA.

Hé ! monsieur, tant mieux. C’est un vernis qui rendra la chose bien plus intéressante.

CORBACCIO.

Oh ! seulement un vernis ?

MOSCA.

Ce testament, monsieur, vous me l’enverrez à moi. Alors, lorsque j’énumérerai, en les exagérant, vos soins, vos veilles, vos nombreuses prières, vos dons plus nombreux encore, votre présent d’aujourd’hui, et lorsque enfin je produirai votre testament, dans lequel, sans réflexion, sans le moindre souci de votre propre sang, de ce fils si brave et d’un si haut mérite, l’entraînement torrentiel de votre affection vous a précipité vers mon maître pour le faire votre héritier, il ne peut être assez stupide, assez pétrifié pour que, par conscience, par simple gratitude…

CORBACCIO.

Il ne me fasse le sien.